Prévention des RPS dans une structure d'aides à domicile

04/02/2019

La demande d’une entreprise d’aides à la personne

Une première fois pour cette société d’aides à domicile

Cette société nous contacte avec une collègue dans l’optique de mener une démarche de prévention des risques psychosociaux. Les encadrants étaient déjà très engagés sur la prévention des risques professionnels, la formation, et c'est une proposition de financement externe qui leur a donné l’impulsion pour se lancer dans cette démarche sur les RPS. C’est la première fois qu’ils font appel à un consultant externe pour les aider formellement dans une démarche au long cours.

Faire face aux décès et à la maladie : les exigences émotionnelles du métier d’aide à domicile

En effet la directrice et le responsable de secteur souhaitaient depuis quelques temps anticiper les difficultés auxquelles les salariés faisaient face en lien avec des problématiques de plus en plus fortes chez leurs usagers âgés : décès, maladie dont la maladie mentale, problèmes sanitaires et sociaux. Ils souhaitaient également travailler sur la prévention des risques physiques.

Enfin, conscients de leur difficulté à être sur le terrain en soutien aux salariés, ils souhaitaient réfléchir à leur organisation de travail managérial pour y remédier, et ce d’autant plus que la structure était sur une pente ascendante en termes d’effectifs.

La démarche auprès des aides à domicile et du management

Une démarche concertée entre management et délégués du personnel

En interne, les dirigeants avant de nous contacter s’étaient rapprochés des Délégués du Personnel pour recueillir leur point de vue, et avaient également présenté le projet à l’ensemble des salariés pour s’assurer de leur volontariat.

Un premier RV a été fixé avec l’encadrement pour poser les bases de l’intervention, et lancer une première réflexion sur l’activité managériale : quelles étaient leurs principales activités, pour quelles activités auraient-ils souhaité avoir davantage de temps, etc.

Une réunion avec les délégués du personnel a permis de préparer la communication aux salariés, avant l’organisation des entretiens individuels et collectifs.

Des entretiens avec les aides à domicile et auxiliaire de vie

Une première série de quelques entretiens individuels a permis de mieux connaitre les différents métiers, leurs contraintes et ressources. A partir de là, nous avons élaboré un questionnement à adresser à un échantillon plus large de salariés lors d'entretiens collectifs réunissant 6 à 8 personnes. La participation s’est faite sur la base du volontariat, qui a été important.

A la suite des entretiens avec les salariés et de quelques observations de terrain, des réunions de travail ont à nouveau eu lieu avec l’encadrement et les Délégués du Personnel pour avancer, sur la base du diagnostic présenté, sur l’élaboration de plan d’actions.

Ces plans d’actions ont été présentés aux salariés aides à domicile, certaines actions étant déjà en cours et d’autres étant mises en œuvre après notre départ.

Les actions élaborées pour la prévention des risques psychosociaux

Des actions opérationnelles et visibles pour les salariés aides à domicile

-          Mise en place d’une référente pour chaque usager, interlocutrice pour les collègues.

-          Temps de doublure sur les situations le nécessitant.

-          Mise en place d’un cahier de liaison détaillé chez l’usager élaboré par des salariés et l’encadrement.

-          Mise à jour des fiches mission des usagers avec les salariés, démarche animée par une personne recrutée en contrat professionnel.

-          Nouvelles réunions sur des thématiques choisies par les salariés (accompagnement en fin de vie, maladie d’Alzheimer, …) en petit groupe.

-          Développement des parcours avec des formations (gestes et postures, pathologies mentales)

-          Intervention d’une psychologue clinicienne à la demande des salariés confronté à la maladie, au décés … ou de l’encadrement en groupe de parole.

Des changements dans l’organisation et le fonctionnement du management

En parallèle, les responsables ont travaillé pour trouver des solutions face à l’hyper sollicitation et la multi-activité à leur niveau.  Conscients de la nécessité d’être davantage sur le terrain, en proximité des usagers ET des salariés, ils ont réfléchi à des modes de fonctionnement alternatifs comme :

  • organisation d’une réunion hebdomadaire entre eux, à la place des échanges « entre deux portes » sur les différents sujets ;
  • mise en place du télétravail à tour de rôle lorsque l’un ou l’autre a besoin de se concentrer sur des tâches de bureau (planification, comptabilité …) , pour éviter les interruptions de tâche en étant au bureau
  • planification de visite régulière chez les usagers
  • assurer à tour de rôle une disponibilité avec les salariés lors de l’entretien mensuel au moment du transfert du planning du mois à venir.

Mon point de vue d’intervenante en prévention des RPS

Cette intervention est probablement sur le thème de la prévention des RPS celle qui s’est déroulée dans une entreprise ayant le contexte le plus favorable grâce à :

  • L’engagement de l’encadrement, malgré une charge de travail élevée, sans faille, du début à la fin, au travers :

o   des premières communications faites au personnel avant même notre arrivée,

o   de la sollicitation spontanée des délégués du personnel,

o   de la participation avec nous à des réunions de travail sur les différents sujets, et un travail fait en dehors de ces séances,

o   de l’acceptation globale de se remettre en question, de se questionner sur son mode de fonctionnement même si les changements sont inévitablement difficiles à mettre en place.

  • D’un contexte relationnel très favorable, que ce soit entre les salariés, ou entre les salariés et l’encadrement. Les relations étaient à la fois professionnelles et bienveillantes, le temps manquait parfois pour échanger longuement mais des efforts étaient faits par tous pour aborder les sujets de préoccupation des uns et des autres, de manière formelle ou informelle.
  • Le fait qu’il s’agisse d’une petite ville, semblait être favorable à l’établissement de relations de proximité et de confiance avec les usagers de la structure. Ceux-ci n’hésitaient pas à pousser la porte de la structure, ce qui pouvait avoir des effets non négligeables sur la charge de travail de l’encadrement, néanmoins cette relation de confiance est un atout précieux dans la relation de service.
  • Enfin nous avons pu trouver dans cette petite ville des ressources, notamment une psychologue clinicienne qui a pu rencontrer les dirigeants afin d’apporter son expertise et ses services.

 

 

retour

RECEVEZ GRATUITEMENT

Le livret les risques psychosociaux : comprendre et agir sur le travail, ainsi que mes articles à venir, en me laissant votre prénom et adresse mail.
Erreur! Merci de bien vouloir saisir tous les champs obligatoires
 
Votre adresse mail ne sera jamais transférée

À propos

Compréhension, analyse et changement durable guident mon activité, dont la visée est de renouer le lien entre le travail et l’homme.

J’apporte un support à mes clients afin de trouver des solutions lorsque le travail et ses conditions de réalisation ne correspondent plus aux exigences et aux contraintes des individus et des collectifs.

Je travaille en tant que consultante indépendante aussi je suis en mesure de solliciter des intervenants aux compétences variées afin de répondre aux besoins de mes clients.

Consultez ma biographie

Quelques références